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le chemin de la liberté

Publié le

Il est libre Max…. Enfin: Fario. Vous vous souvenez? Ce petit lynx récupéré de justesse  au lac des Rouges Truites, en novembre 2008. Dénutri, mal-en-point, à coup sûr, il n’aurait pas passé l’hiver, si des habitants du village, n’avaient alerté l’équipe du centre Aténas.

Le petit lynx, baptisé Fario, ( rapport à son lieu de capture), a donc été soigné, hébergé, nourri. Bref! retapé pour qu’un jour enfin, il puisse regagner  son milieu naturel : les massifs forestiers.

L’animal a passé l’hiver et le printemps en toute sécurité avec le nécessaire et les apprentissages de base pour savoir, le moment venu, trouver lui-même ses proies.

Mais cela n’a pas été une affaire de tout repos, ni pour l’animal , ni pour les soigneurs. «  Durant les premiers jours de sa captivité Il s’est fracturé un catrilagede croissance de la patte avant droite (suite à une chute due à sa faiblesse), puis a déclaré une pneumonie quelques jours avant la date initialement prévue pour son relâcher (15 mai).

 Le délai supplémentaire nécessaire à  sa complète guérison a été mis à profit pour parfaire son entraînement à l’aide de proies vivantes, conformément au protocole d’élevage établi depuis plusieurs années et ayant permis de relâcher son prédécesseur Morissette avec succès , explique-t-on au centre Aténas.

Sept à huit mois de soins, d’attentions, de protection, d’études etc.

Eh voilà, avec les beaux jours, le temps de la liberté, pour le petit lynx, est arrivé.

Le 10 juin, après avoir reçu toutes les autorisations nécessaires des différentes structures officielles concernées, Fario a recouvré la liberté.

Avec un handicap tout de même: une grosse balise accrochée autour du cou.

Depuis, équipéd’une balise Argos/GPS et d’une balise VHF, il fait l’objet d’un suivi quotidien dont les modalités ont été fixées par une convention entre ATHENAS, le CNRS et l’IRD (Institut pour la Recherche et le Développement), ces derniers assurant pour nous la réception et le décryptage des données GPS.

 

« À l’issue de plus de 3 mois de suivi, plusieurs captures et consommations de chevreuil ont pu être constatées ( deux  avérées, constatées de visu, et au moins 3 supposées suite à des stationnements prolongés). Il s’est beaucoup déplacé (plus de 150km au total), vraisemblablement poussé par des adultes cantonnés et leurs marquages territoriaux. Fréquentant de ce fait davantage les zones de lisières et de pré-bois que les grands massifs,  il a malgré tout réussi à survivre et chasser, manifestant ainsi beaucoup d’opportunisme. Il sera suivi jusqu’en juin 2010, date à laquelle son collier se décrochera et pourra être récupéré » précise  les responsables du centre Athénas.

Quelques frayeurs tout de même pour les  « suiveurs ». Fario, à plusieurs reprises, s’est approchée d’habitations…Bien entendu, il ne s’agit pas d’une crainte pour les habitants, mais pour l’animal, qui risquait de se montrer pas assez autonome pour se nourrir lui-même. Souci disparu, lorsque l’animal s’est de nouveau enfoncé dans les massifs forestiers pour ne plus en ressortir.

Demeure un problème… de taille.  La chasse est ouverte depuis déjà quelques jours.

Le petit lynx, d’après les observateurs, a dû déjà changer d’espace… Le risque, à présent, est qu’il se précipite sous une volée de plombs ou qu’il cherche à arrêter une balle  en lui présentant son flanc. 

 En effet, on ne peut oublier que, Morissette, la petite lynx relâchée l’année précédente, n’avait plus donné signe de vie (et sa balise avait cessé d’émettre) quelques jours après l’ouverture de la chasse.  Mais cela n’est peut-être qu’une coïncidence. Après tout, les animaux qui se suicident, c’est banal !

Un phénomène bien connu de tout bon naturaliste.

Dominique GROS

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