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Lac des Rouges Truites: pêche au lynx

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Quelle surprise pour cet habitant du lac des Rouges-Truites (39) ce matin du 27 novembre 2008. Là tout près des habitations, il voit une forme... un animal : un chat ? Drôle de chat, bien trop gros mais surtout avec une fourrure peu commune : brun-roux,  tachetée. Un lynx, sûrement ! On en parle pas mal depuis quelques années dans le jura. Depuis qu'il est revenu coloniser les forêts. Faut dire qu'éleveurs et chasseurs l'ont à l'oeil.. Et même dans leur ligne de mire.
Mais bon ! Il s'agit tout de même d'un animal protégé . Eradiqué pendant près d'un siècle, depuis une trentaine d'années il est revenu dans l'Hexagone, grâce au travail acharné d'une poignée de naturalistes convaincus. Heureusement, car ailleurs, les populations sont en mauvais état ( CF article précédent sur le lynx des Balkans).
Mais celui de ce matin, est un petit lynx, un jeune qui cherche de la nourriture. Il est si affamé qu'il se risque à venir fouiner du côté des gamelles de ses lointains cousins les chats.
Le Jurassien se décide d'alerter les garde de l'Office national de la chasse et de la faune sauvage (l'ONCFS). Celui-là sait ce qu'il faut faire face à une telle situation. : prévenir le centre Athénas situé à l'Etoile, près de Lons le Saunier, seul refuge en France habilité à recueillir des lynx. Et puis, leurs animateurs sont habitués. Ils savent comment s'y prendre pour venir en aide à un tel animal qui, bien que fort sympathique, demeure avant tout sauvage.

Et voilà un peu plus tard Gilles Moyne, le responsable et fondateur du centre Athénas arrive sur les lieux, avec une aide.
Le petit lynx n'est pas loin. Curieux, mais farouche ! pas question pour lui de se jeter dans la gueule du loup ( en l'occurrence l'homme).
Tout ce petit monde réfléchit à l'endroit stratégique pour installer une cage piège. Mais le roublard petit lynx commence à sentir le roussi. De la haie de thuyas où il s'est réfugié, il s'échappe et, sans complexe, traverse la rue principale du village pour gagner les pâtures et se diriger vers une ferme isolée.
Les hommes l'observent . Pas de doute, l'animal est en mauvaise santé. Son pas, son allure... tout indique une absence de vaillance. À coup sûr, il est dénutri. Depuis combien de temps ?
Gilles Moyne sait que la fin de l'automne et le début de l'hiver sont des périodes néfastes pour les jeunes lynx. Bien sûr, il y a les collisions inévitables avec les voitures ! Mais surtout un nombre inconsidéré de chasseurs « mauvais citoyens » qui ne respectent pas la loi. Alors, discrètement, quelques lynx disparaissent sous les plombs de ces inconscients.
En 2007, juste avant noël, le centre Athénas avait déjà recueilli une jeune femelle lynx, orpheline. Après six mois de soins, elle a été relâchée au printemps 2008...
Donc, il s'agit très certainement d'un jeune lynx orphelin. La mère est morte. Comme les mises bas se déroulent à la fin du printemps, voire au début de l'été, l'animal a, tout au plus, cinq ou six mois. C'est ce qu'analysent les observateurs.
Compte tenu à présent de son éloignement, il faut abandonner l'idée de le capturer avec la cage piège. Mais tenter l'épuisette.
Et nous voilà à présent en plein épisode de Daktari ( vieille série télé des années soixante). Une voiture, une épuisette et... en avant ! L'animal est acculé contre le mur d'une maison. La pêche est efficace.
Si joli qu'il soit, le petit lynx n'est pas moins peu commode. Allez lui faire comprendre que vous le capturez pour son bien ! Qu'il va enfin pouvoir manger à sa faim... ! Ce qui l'intéresse, lui, c'est la liberté. Point barre !
Enfin ! il ne le sait pas, mais il est sauvé.
Au centre, il est examiné : C'est un mâle de six mois qui mesure 46 cm au garrot et pèse 5,6 kg. À son âge, il devrait peser près 9 kg. Ce qui fait évaluer à environ un mois la durée de son jeûne.
D'autre part, l'animal a deux plaies infectées au-dessus du crâne et une sous le maxillaire inférieur. Cela correspond très certainement à des morsures de chien.
Aujourd'hui, le petit lynx est tiré d'affaire. Soigné, nourri, il passe ses journées en compagnie d'une femelle adulte, Raïssa, récupérée il y a quelques années par le centre, victime du trafic d'animaux. Aujourd'hui celle-ci coule des jours meilleurs dans le Jura où elle est chargée de l'accueil, du suivi et du réconfort des jeunes lynx orphelins. Bref, elle a écopé d'un rôle d'éducatrice, ou d'assistante sociale... À elle seule, elle est une cellule psychologique pour petits lynx traumatisés.
Comme il a été « pêché » au lac des Rouges-Truites, le jeune lynx a été baptisé, selon la tradition de donner un nom en rapport avec le lieu de capture, Fario.
Il sera remis en liberté au printemps prochain dès l'autorisation ministérielle donnée. A cet âge, il ne fait aucun doute que l'animal pourra se réadapter à une vie sauvage satisfaisante
Mais le centre Athénas attend davantage des pouvoir publics : qu'une bonne fois pour toute, le ministère se positionne très officiellement sur sa politique de conservation du lynx en France. C'est pas  sorcier. Pas couteux non plus!  Il s'agit juste de prendre un peu de temps, de rencontrer les  gens concernés ... et de prendre des décisions.  Bref! ça s'appelle tout simplement une volonté.. politique. Rien de plus!
Dominique GROS
Photos : centre Athénas


PS : allez faire un saut sur mon lien avec l'émission les Héros de la Biodiversité : Vous y verrez un mini reportage sur Gilles Moyne et le Centre Athénas et un autre sur Patrice Raydelet ( autre jurassien), le lynx et le patou !
Pour voir d'autres images de lynx aller visiter aussi ce lien des photos extraites d'un superbe ouvrage réalisé par deux spécialistes: Jean-Claude Guenot et Louis-Marie Preau.link

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Le lynx des Balkans en danger de disparition.

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On ne compte plus actuellement qu'à peine une quarantaine de ce magnifique félidé, dans les espaces naturels de Macédoine et d'Albanie. Le symbole de toute une région est en voie de disparition. La faute aux braconniers qui poursuivent inlassablement cette proie paisible. Motif, une fourrure très belle et très recherchée, qui est pour eux une source de revenus non négligeable.
Aucune autre raison car, tout le monde aujourd'hui s'accorde à le dire, en aucun cas le lynx  est  dangereux pour l'homme.
Pas plus qu'un autre animal.
La Macédoine a décidé de réagir  avant qu'il ne soit trop tard.
C'est ainsi que dans le parc national de Galicica, tout proche de la frontière albanaise, une vingtaine de caméras ont été installées en des endroits stratégiques, de manière à suivre efficacement les activités de l'animal.
Celles-ci permettront de mieux connaître ses habitudes et ses besoins, de manière a élaborer un plan de sauvegarde efficace. D'ailleurs, le lynx, ici, n'est pas le seul animal en danger: les populations d'ours et de chamois subissent également un véritable déclin.

La situation est grave. Dans les pays voisins, Kosovo et Monténégro, le lynx des Balkans est  en très forte régression.
 En Serbie, il a complètement disparu!
Si cette situation est pour une part liée aux conflits passés, il n'est demeure pas moins qu'aujourd'hui déforestation, pollution et braconnage sont des causes sur lesquelles il est encore possible d'intervenir. Car normalement depuis 1948 , l'animal est protégé et les braconniers risquent des peines de prison pouvant aller jusqu'à huit ans. En théorie. Car il semble que, pour l'instant, personne n'est passé en jugement pour un tel délit.

Pour compléter cette initiative, des caméras ont également été installées dans le parc national de Mavrovo, dans l'ouest de la Macédoine, ainsi qu'en Albanie. Ce travail se déroule en coopération avec l'organisation KORA (Suisse), Euronature (Allemagne) et l'Institut norvégien pour la nature.
photos:©Dominique GROS

 

pour voir de belles photos de lynx, allez sur ce lien:link

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Une espece de mammiferes sur dix menacée en France metropolitaine :

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 La Liste rouge des espèces menacées en France révèle que onze espèces de mammifères sur 119 (dix espèces continentales et une marine) sont menacées de disparition du territoire métropolitain. Ces chiffres sont issus de l'évaluation réalisée par le Muséum national d'Histoire naturelle et le Comite français de l'UICN, en partenariat avec la Société française pour l'étude et la protection des mammifères et l'Office national de la chasse et de la faune sauvage.
Sur les 33 espèces de chauve-souris évaluées, sept figurent dans la catégorie "quasi-menacée", notamment en raison du déclin de leur population, et quatre autres sont menacées d'extinction. C'est le cas du Minioptère de Schreibers, classe "vulnérable", et du Rhinolophe de Mehely, "en danger critique". La situation actuelle de ces espèces est la conséquence de nombreuses menaces : dérangement du a une fréquentation accrue des principaux gîtes, dégradation de leurs habitats causée par l'urbanisation et raréfaction des proies due a l'utilisation intensive de pesticides.
Concernant les cétacés, la moitié des espèces a du être placée dans la catégorie "données insuffisantes", en raison du manque de connaissances et de données disponibles. Pourtant, certains de ces mammifères marins pourraient bien être menaces en France, car ils sont affectes par de multiples pressions incluant la pollution sonore due au trafic maritime et aux sonars militaires, les pollutions chimiques, les captures accidentelles liées a l'utilisation illégale de filets dérivants et la surpêche affaiblissant leurs ressources alimentaires.
Enfin, d'autres espèces autrefois présentes sur le territoire métropolitain en ont aujourd'hui totalement disparu. C'est le cas du Bouquetin des Pyrénées, de la Baleine des basques, et du Phoque moine, disparu des cotes provençales dans les années 30 et de Corse a la fin des années 70.
Pour répondre a certaines situations alarmantes, des plans de restauration sont actuellement mis en œuvre en faveur de différentes espèces, comme le Vison d'Europe et le Grand hamster, tous deux "en danger" en France. A cet égard, la Loutre d'Europe et le Bouquetin des Alpes sont de bons exemples de réels progrès obtenus grâce a une action efficace des pouvoirs publics et des associations de protection de la nature. En situation précaire il y a encore quelques décennies, la Loutre, aujourd'hui classée en "préoccupation mineure", recolonise progressivement différents secteurs du territoire. Et après avoir quasiment disparu de
l'arc alpin français, le Bouquetin des Alpes a désormais repeuple plusieurs départements.
Malgré la situation encore préoccupante de plusieurs espèces, le résultat des évaluations montre que les actions de conservation entreprises pour les mammifères sur le territoire métropolitain portent leurs fruits (protection réglementaire nationale et européenne, plans de restauration, conservation des habitats naturels...). Ces résultats encourageants incitent a poursuivre les efforts et a renforcer l'action pour continuer a améliorer, dans les années a venir, la situation de ces espèces.
Comite français de l'UICN & Muséum national d'Histoire naturelle, communique du 13/02/09


Photos: ©Dominique GROS

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Une centrale solaire dans la Manche

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D'ici à 2011, une centrale photovoltaïque pourrait voir le jour dans le département de la Manche.

C'est ce que vient d'annoncer le Conseil général. Il s'agit là d'une réponse apportée par le département à la demande du ministère de l'Écologie, de l'énergie, du développement durable et de l'Aménagement du territoire, qui prévoit l'installation d'une centrale de ce type par région.
Le département de la Manche, (en partenariat le syndicat mixte du Cotentin) possède un terrain d'une cinquantaine d'ha, aux environs de Brix.. Celui-ci pourrait correspondre aux exigences d'une telle implantation : sol plat, proche d'une ligne à haute et moyenne tension, située en zone agricole. 
Naturellement une telle installation, en aucun cas, ne devrait dénaturer le paysage. Ce qui serait effectivement le comble pour un projet motivé par le développement durable.
 « Cette action explique le conseil général de la Manche, s'inscrit complètement dans sa démarche de développement durable et de la charte « Planète Manche » qui a pour ambition de donner les outils de demain, notamment en matière de construction-rénovation de bâtiments et d'énergies durables. Il s'agit désormais de refonder les bases de notre économie en inventant de nouvelles formes de développement, de consommation et de production".
Dominique Gros


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une baleine au port

Publié le par Dominique GROS

Etonnante prise pour un pêcheur d'Omonville-la-Rogue, près de Cherbourg! En effet, dimanche 15 février, alors qu'il était en mer non loin du rivage, un jeune pêcheur à eu la surprise de trouver dans son filet un... baleineau. L'homme a tout d'abord eu quelques frayeurs en tentant vainement de relever son matériel. Le petit chalutier n'avançait plus et faisait même quelques "ronds dans l'eau". Ne perdant pas son sang froid, il a tout de même réussi à tirer l'animal jusqu'à son bateau : une jeune baleine à bosse de 8,5m et d'un poids de 8 tonnes. Malheureusement morte !
Ne sachant que faire de sa prise, le pêcheur a décidé de la ramener au port. Une sage initiative qui a permis à de nombreux touristes (les vacances venaient de débuter) de voir de très près le mythique mammifère. 


Le lendemain, une équipe de scientifiques du centre des mammifères marins de La Rochelle se rendaient sur place pour procéder à une autopsie en plein air, naturellement, et face à un public intrigué. Celle-ci permettra, sans doute, de définir les causes réelles de ce décès: pollution marine, parasitose...
Même si cela est très rare, ce n'est pas la première fois qu'une baleine est aperçue dans les parages: En effet, en juillet 2005 une baleine à bosse a été vue par un plaisancier dans la zone des Casquets ( nord ouest d'Aurigny) ; en juillet 2006, une autre exécutait quelques sauts, face au port d'Omonville-la-Rogue, histoire sans doute d'égayer le paysage. Enfin, en janvier 2007, des membres de la SNSM ont observé deux de ces mammifères, à proximité de Saint-vaast-la Hougue.


A l'âge adulte, les baleines à bosse peuvent atteindre 14 mètres et un poids de 25 tonnes. Elles passent la belle saison dans les eaux des pôles. Ensuite, elles filent pour se reproduire dans les mers chaudes, accomplissant, ainsi, un périple de près de 10 000 km. Ainsi est-il normal que certaines se retrouvent devant les côtes de la Manche pour atteindre ensuite l'Atlantique.
La baleine à bosse, menacée dans les années soixante dix, du fait d'une sur pêche semble aujourd'hui sur le chemin de la rédemption.




texte et photos: © Dominique GROS




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